Le jeûne habitue le musulman aux bonnes mœurs, lui facilite l’accomplissement des obéissances et l’écartement des interdits ainsi que des (choses) détestables, l’accoutume à la bienfaisance envers les nécessiteux, adoucit son cœur en vue de l’évocation d’Allâh.

Les bénéfices du jeûne sont grandioses et nombreux.

Ce sont des bénéfices apparents que les gens perçoivent. En effet, se manifestent sur le jeûneur une peur, une crainte, un rabaissement (de l’âme) et une proximité du bien qui n’apparaissant sur nul autre que lui parmi les non-jeûneurs.

Mais il convient de savoir que le jeûne n’est assorti de ces bénéfices et de ces caractéristiques louables que si la personne le préserve de ce qui pourrait l’affecter.

Car il est comme le vêtement qui, si la personne en prend soin, la dissimule et la protège de la chaleur et du froid, devient un vêtement ample sur son corps, embellit son apparence et son aspect.

Et si elle n’en prend pas soin, il est exposé aux trous, aux déchirures, aux saletés, devenant un vêtement inutile, troué, déchiré, sale, qui n’embellit pas celui qui le porte, ne le protège ni de la chaleur, ni du froid, ne dissimule pas les parties de son corps à cacher (3awrah).

Il en est ainsi pour le jeûne : si la personne ne le préserve pas de ce qui le met en lambeaux et le souille, elle n’en tirera que fatigue, faim et soif.

C’est pour cela qu’il صلى الله عليه وسلم a dit :

«Il est possible qu’un jeûneur ne récolte de son jeûne que la faim et la soif et il est possible que quelqu’un qui prie la nuit ne récolte de sa prière que la fatigue».

Pourquoi ?

Car il n’a pas préservé son jeûne de ce dont il doit être préservé. 

Ainsi, le jeûneur qui délie sa langue dans la parole – la parole interdite parmi la médisance, le colportage, les injures, les insultes et tout propos grossier – celui-là a certes lacéré et mis en pièces son jeûne avec sa langue. La langue n’est en état de jeûne que si elle est retenue (de prononcer) toute parole interdite et que si elle est utilisée pour évoquer Allâh, réciter le Qur’ân, faire le tasbih, le tahlil et l’oeuvre pie.

C’est ce qui sied au jeûneur comme au non-jeûneur, mais c’est encore plus vrai pour le jeûneur.

Il en va de même pour le jeûneur qui pose son regard sur le harâm, ne le baissant pas devant une chose interdite, sortant dans les marchés, dans les lieux de rassemblement des femmes et dans les endroits de la fitnah, délectant son regard en le posant sur l’illicite.

Il regarde ainsi les femmes et ce dont la vue est interdite, ou bien il s’assied chez lui puis allume la télévision ou une vidéo, et lui parvient ainsi d’Europe ou d’Amérique ou de n’importe quel dépotoir du monde, ce qui y est diffusé comme débauche, dépravation, dévergondage, images dénudées et turpitudes.

Il reste à regarder cet écran alors qu’il jeûne !

Celui-là, il ne lui reste plus de jeûne !

Il ne lui reste que la faim et la soif, mais il ne lui reste pas de jeûne susceptible de lui profiter auprès d’Allâh سبحانه وتعالى.

Pareillement, le jeûneur qui ne préserve pas son ouïe de ce qu’Allâh a interdit, écoutant chants, flûtes, instruments, frivolités, insultes, injures, médisance et colportage…

Celui-là n’a pas jeûné un jeûne lui profitant auprès d’Allâh سبحانه وتعالى.

Il a plutôt jeûné un jeûne duquel il ne tire aucun profit.

Quand bien même il ne lui est pas ordonné de renouveler (son jeûne), car il est en apparence en état de jeûne, il n’a pas de récompense auprès d’Allâh et son jeûne est déchiqueté, lacéré, il ne dissimule aucunement la ‘awrah, ni n’embellit l’apparence, ne le réchauffe pas du froid, ni ne protège de la chaleur.

Ce n’est autre qu’un jeûne usé, abîmé, qui ne lui profite en rien.

Majâlis shahri ramadhân al mubârak (al-majlis ar-râbi3)

Traduit par Oum Suhayl

Publié par 3ilmchar3i.net

Cheikh Salih Bin Fawzan Bin ‘Abdillah Al Fawzan – الشيخ صالح بن فوزان الفوزان